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Licence ICP et enregistrement Bei'an : le guide pour les entreprises étrangères

Héberger un site en Chine continentale impose un ICP. Sans exception. Sauf qu'il en existe deux, et confondre les deux peut coûter des mois.

Par , Fondateur et directeur général

Tout site posé sur un serveur en Chine continentale doit disposer d’un enregistrement ICP. Jusque-là, rien de compliqué. Le piège pour les entreprises étrangères tient à un autre détail : il existe 2 types d’ICP, régis par des règles très différentes. Le premier est rapide, presque gratuit et accessible à la plupart des sociétés étrangères. Le second prend des mois, coûte vraiment, et impose une restriction d’actionnariat qui verrouille d’entrée la plupart des entreprises étrangères. Les confondre, ou passer outre, expose à des pages lentes, à un référencement dégradé et à un site auquel les internautes chinois n’accorderont aucune confiance.

L’ICP en bref

ICP Bei’an (备案)Licence commerciale ICP (经营性许可证)
ObjetSites non commerciauxSites générant des revenus
ExemplesProfils d’entreprise, blogs, contenus éducatifsE-commerce, SaaS, publicité, abonnements
Qui peut déposerSociétés chinoises, WFOE, particuliers étrangers avec un représentant en ChineSociétés 100 % chinoises ou coentreprises avec participation étrangère inférieure à 50 %
Délai1 à 4 semaines2 à 6 mois
CoûtGratuit ou frais administratifs minimes5 000 à plus de 20 000 RMB

ICP Bei’an, la partie accessible

Le Bei’an est le socle obligatoire de tout site hébergé sur des serveurs en Chine continentale, qu’il génère ou non des revenus. Profils d’entreprise, blogs, contenus éducatifs, fiches produit : peu importe la nature du contenu, un site hébergé en Chine doit disposer d’un Bei’an.

La procédure reste relativement simple. Sociétés chinoises, WFOE et particuliers étrangers disposant d’un représentant en Chine peuvent toutes la déposer. Comptez 1 à 4 semaines, et dans la plupart des cas, l’hébergeur prend les formalités en charge. Le coût est nul ou quasi nul : quelques frais administratifs, pas des milliers de RMB.

Pour la majorité des entreprises étrangères qui arrivent en Chine avec un site vitrine ou un hub de contenu, le Bei’an est le premier ICP qui se présente. La partie gérable du dossier.

L’ICP Bei’an prend 1 à 4 semaines et ne coûte quasiment rien. Votre hébergeur gère généralement la procédure. Le problème se trouve ailleurs.

La suite est d’un autre ordre.

Licence commerciale ICP, le verrou

Dès que le site génère des revenus, sous quelque forme que ce soit, commerce en ligne, SaaS, publicité, abonnements, contenu payant, la licence commerciale ICP vient s’ajouter au Bei’an.

La restriction d’actionnariat, c’est le point d’arrêt. Seules les sociétés détenues à 100 % par des capitaux chinois, ou les coentreprises où la participation étrangère ne dépasse pas 50 %, peuvent y prétendre. Une entreprise à capitaux entièrement étrangers en est de fait exclue. Cette règle à elle seule impose un choix auquel la plupart des entreprises étrangères ne s’attendent pas : trouver un partenaire local pour bâtir une coentreprise, restructurer l’actionnariat pour passer sous le seuil, ou accepter que certaines activités génératrices de revenus ne puissent pas légalement opérer depuis un site hébergé en Chine.

La licence commerciale ICP n’est ouverte qu’aux sociétés 100 % chinoises ou aux coentreprises avec participation étrangère inférieure à 50 %. Pour la plupart des entreprises étrangères, c’est le verrou.

Le délai tourne autour de 2 à 6 mois. Le coût varie de 5 000 RMB à plus de 20 000 RMB selon la complexité du dossier. Et la conformité post-obtention réclame elle aussi un suivi.

Ce qui se passe quand on saute l’ICP

Certaines entreprises, face à ces contraintes, préfèrent héberger hors de Chine. Zapper la paperasse, contourner les questions de capital, faire tourner le site depuis Singapour ou Francfort. La démarche semble raisonnable. L’addition est plus lourde qu’il n’y paraît.

ConséquenceImpact
Vitesse de chargementPlus de 200 % de lenteur pour les utilisateurs chinois
Classement BaiduL’ICP est un signal de confiance ; sans lui, classement pénalisé
Grand Pare-feuRisque de blocage complet du site
Confiance des utilisateurs78 % des internautes chinois préfèrent les sites avec un ICP valide

Le premier problème est la vitesse. Un site hébergé hors de Chine continentale charge avec plus de 200 % de retard pour les utilisateurs en Chine. Rien de subtil : la lenteur est telle que les internautes ferment l’onglet avant l’affichage complet.

Le référencement suit. Baidu traite l’enregistrement ICP comme un signal de confiance. Sans lui, la compétition sur le premier moteur de recherche chinois démarre avec un handicap qu’aucune optimisation de mots-clés ne rattrapera à elle seule.

Le Grand Pare-feu est l’autre risque. Les sites hébergés à l’étranger sans ICP peuvent, en plus de leur lenteur, être purement et simplement bloqués. Rien de systématique : cela arrive, sans qu’on puisse prédire ni quand ni pourquoi.

Reste la confiance. 78 % des internautes chinois privilégient les sites qui affichent un numéro ICP valide. Ce numéro figure dans le pied de page, et les utilisateurs chinois le vérifient. Un site qui en est dépourvu passe pour étranger ou peu professionnel. Une impression à éviter face à un prospect.

78 % des internautes chinois préfèrent les sites avec un numéro ICP valide. Il est dans le pied de page, et ils le vérifient.

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